La mémoire dans les romans de Paul Auster

 



De nombreux personnages austériens font du témoignage un devoir presque sâcré.
Sa première oeuvre en prose, Paul Auster a d'ailleurs décidé de l'écrire juste après la mort de son père.

Paul Auster nous dit en substance que la mort est plus qu'un simple arrêt des fonctions vitales du corps. Elle s'apparente à une perte, un naufrage. Le défunt meurt deux fois : une première fois physiquement, une seconde fois dans l'esprit de ses semblables. Cette seconde mort est néanmoins réversible, si quelqu'un veut bien se donner la peine de rappeler au monde que le défunt était jadis bien présent.

Le tableau ci-dessous recense les cas dans les romans de Paul Auster où les personnages se sont attelés à la nécessaire mais douloureuse tâche de ressusciter par les mots leurs proches défunts.

 


Cité verre Chambre dérobée Moon Palace Léviathan Mr Vertigo Tomb
Personnage narrateur inconnu narrateur inconnu MS Fogg Peter Aaron Walt Willy
Personnage honoré Daniel Quinn Fanshawe Effing/Barber Sachs Yehudi, Esope maman Sioux Mrs Witherspoon lui-même
Moyens compte-rendu d'un cahier biographie nécrologie +biographie +autobiographie biographie autobiographie "épopée- en-cours" : "Jours vagabonds"

Notons qu'en ce qui concerne Bleu, dans Revenants, c'est sans le vouloir qu'il a recensé les moindres faits et gestes de Noir! C'est la raison pour laquelle il ne figurait pas dans le tableau. même chose pour Anna Blume : ce n'est rien moins qu'un pays tout entier qu'elle tente de sauver de l'oubli, puisque, comme elle l'écrit elle-même :

Un autre point important qu'il faut noter, c'est que tout acte de mémoire chez les personnages de Paul Auster implique une recherche :

Se battre contre l'oubli, c'est en définitive se battre contre le temps. Auster sait qu'il doit se dépêcher d'écrire sur son père s'il ne veut pas que le souvenir s'estompe un peu plus chaque jour dans son esprit. L'écriture est le seul moyen qui nous est donné pour garder vraiment nos proches près de nous. Mais il faut faire vite, car le temps est prompt à déformer nos souvenirs.

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